Le cajon est né de la communauté noire péruvienne. Instrument de musique inventé par les esclaves et tsiganes péruviens privés de leurs percussions traditionnelles.
Les premiers esclaves noirs d'Afrique ont été amenés dès 1535 vers le nouveau monde par les conquistadores ; ils apportèrent leurs coutumes, rites, rythmes et danses.
Pour accompagner leurs chants, ils frappaient sur les caisses servants à la cueillette des fruits ou délaissées sur le port de El Callao à Lima desquelles ils déclouaient une planche pour donner plus de vibration.
Aussi, ils utilisaient le Checo : c 'étaient une courge évidée ouverte sur un de ses côtés et utilisée à l'époque coloniale comme unité de mesure du maïs. On l'improvisait comme instrument de musique, coincée entre les cuisses, l'ouverture vers le bas, et frappée par les mains sur la partie supérieure.
Au fil des siècles, les danses pratiquées par les noirs telles que le Lundu ou même la Zaña, accompagnées par ces divers instruments de fortune, deviennent métissés au contact des cultures hispaniques et indiennes. Elles donneront naissances aux danses afro-péruviennes actuelles telles que la marinera, vals, zamacueca, lando ou festejo.... au rythme du cajon péruvien tel que nous le connaissons actuellement.
Le Cajon est un instrument symbolique de la communauté noire péruvienne.
Ainsi que de nombreuses autres percussions d'Amérique latine, il représente un substitut des tambours africains qui furent interdits aux esclaves emmenés vers le «Nouveau Monde ».
A Cuba, où l'on trouve également le cajon et où l'on en joue dans certains styles de rumba, la légende populaire dit que l'on jouait des caisses de poisson comme d'une percussion.
Depuis, on a progressivement perfectionné le cajon, jusqu'à ce que, plus ou moins dans les années cinquante, il atteigne un aspect et un critère constructif conventionnel.
En général, on le présente comme un parallélépipède d'une cinquantaine de centimètres de hauteur et d'une trentaine de largeur et de profondeur.
On peut écouter des exemples de ce son sur les disques de Susana Baca, une chanteuse péruvienne contemporaine et dans presque la totalité des enregistrements d'artistes afro-péruviens.
Certains joueurs de cajon ou « cajoneadores » comme on les nomme au Pérou, sont très connus : Julio « Chocolate » Algendones, Juan « Cotito » Medrano, Eusebio « Pititi » Sirio et Caitro Soto.
